Epave du Président

 

L'histoire : pas grand chose à se mettre sous la dent... il s'agit d'un chaland automoteur ou d'une péniche fluviale, ou peut être d'une barge de débarquement situé en plein milieu de la zone de mouillage des "4 pompes" (autre nom de l'épave), juste à côté de la rade-abri où pourrissait le Clémenceau...

La plongée : assez originale avec départ du bord, nage en capelé sur une centaine de mètres puis canard pour trouver l'épave par 10 mètres de fond ! La poupe est bien conservée et remonte de 4 mètres, avec ses restes de passerelle et de bastingage, le moteur, et la partie arrière où l'hélice a disparu ainsi que le safran dont il ne reste que la mèche. Au centre, tout est effondré et en dehors de quelques éléments identifiables (type taquets et bittes d'amarrage), on ne trouve que des carreaux de faïence et des laminaires... La structure remonte sur l'avant et on arrive à la proue, pourvue d'un rostre très court. Les pans de coque sont séparés en leur milieu de 3 à 4 mètres de distance.

          Attention, ce site est en plein milieu d'une zone de mouillage et est absolument déconseillée pendant la période estivale (en plus il y aura pleins de laminaires). Préférez la période Mars à Avril et tenez compte de la marée : le site est exposé au courant !

Photo hérbergée par zimagez.com      Photo hérbergée par zimagez.com

 

 

Quimper le 26/06/2009;

          Durant toute une année, nous avons multiplié les plongées sur cette épave. Nous avons également fait des recherches pour arriver à déterminer ce que pouvait être cette épave si insolite. Finalement, nous avons regroupé la majeure partie de nos travaux dans un document que nous vous livrons aujourd'hui. Mais le travail n'est pas fini, et nous vous tiendrons informer dés que possible de la suite de nos trouvailles...

          Alors bonne lecture, et surtout n'hésitez pas à prendre contact avec nous via le forum si vous avez des questions sur cette épave où sur d'autres....

@+ BEN

Identification de l'épave des Quatres Pompes

 

Voici le compte rendu de notre premiére journée de fouille, vu par Manu :

          Premières fouilles aux 4 pompes Lundi 13 juillet 2009 : Yvan et moi arrivons aux « 4 pompes » sur les coups de 10h30. Une grande partie de l'équipe est déja sur place et déjà en tenue : Ben, le responsable scientifique de l'expédition et Fanch ont même déjà fixé les 2 bouées de localisation et de « sécurisation » de l'épave (une pour la descente, l'autre pour la remontée).

          Une fois tout le monde prêt, Ben et Fanch font leur briefing : leurs 2 nuits précédentes ont été très courtes car ils ont tout organisé, de la planification (avec un diagramme de Gant s'il vous plaît) à la préparation du matériel nécessaire à cette première journée de fouilles. La zone de travail est parfaitement définie (espace d'une dizaine de mètres entre le moteur diesel et le centre de l'épave), chaque palanquée sait exactement quel est son rôle :

                 - Palanquée n°1 : Ben et Fanch => quadrillage de la partie à explorer avec mise en place de lignes d'identification : des lignes de bout de référence, équipée alternativement de plombs et de noeuds tous les mètres sont disposées parallèlement à l'axe de l'épave. Des bouts sont placés perpendiculairement entre chaque ligne afin de découper la zone de fouilles en 10 parties distinctes identifiées de « A » à « J », nommés « secteurs ». Dans un second temps, ils prendront des photos du moteur diesel sous tous les angles.

                - Palanquée n°2 : Alex, Pierre et Loïc => mission « anti-laminaires », omniprésents à cette période et risquant de gêner considérablement le travail des 2 dernières palanquées.

                - Palanquée n°3 : Yvan et moi => identification et localisation d'artefacts (éléments spécifiques et caractéristiques de l'épave pouvant être remontés de manière à favoriser l'identification du navire). Chaque objet ou débris nous paraissant intéressant sera balisé par une petite bouée numérotée, ce numéro étant reporté sur une planchette immergeable sur laquelle nous noterons la description de l'artefact.

              - Palanquée n°4 : André et François sont chargés de mitrailler la zone de fouilles de manière à réaliser une mosaïque de photos qui nous permettra de constituer un « puzzle » de l'épave. François prend les photos, André s'occupe de découper chaque secteur à l'aide de baguettes immergeables « étalonnées » et de repères numérotés.

         C'est parti : les 2 premières palanquées s'immergent sous la surveillance d'André. Environ 1 heure plus tard, c'est à notre tour d'y aller : bascule arrière puis déhalage le long du mouillage de descente, la visibilité est plutôt bonne (3 à 4 mètres) malgré les fortes rafales de vent qui soufflent dans le goulet de Brest. Nous arrivons sur la poupe, descendons jusqu'au diesel à 10 mètres de profondeur et nous mettons immédiatement à la recherche des artefacts dans le secteur « A », car les bouts de balisage sont en place et suffisamment tendus pour que personne ne s'emmêle les palmes dedans : je m'occupe des bouées numérotées (stockées dans un filet relié à un plomb de 2 kg) et Yvan de la table immergeable. En 45 minutes, les 9 bouées sont accrochées entre les secteurs « A » et « H » et indiquent la position de différents types de carreaux de faïence troués en leur centre ou pas, de morceaux de vitres, de matériel électrique (prises et fils), de 3 batteries et de pièces métalliques pouvant être intéressantes. Nous n'avons plus de bouée, mais encore un peu d'air : nous partons faire le tour complet de l'épave, toujours aussi riche en vie (tout type de crustacés, de l'araignée d'anémone au homard, des spirographes et des éponges tous les mètres!). La partie centrale et la proue sont couvertes de laminaires : les 3 plongeurs de la palanquée n°2 ont été particulièrement efficaces car la seule trace d'algues présente dans la zone de fouilles correspondait aux pieds de laminaires coupés ! En poursuivant la visite vers la poupe, nous tombons d'ailleurs sur un cimetière de laminaires : toutes les algues coupées ont été soigneusement rejetées hors de l'épave et tapissent maintenant le sable sur une belle épaisseur. Nous nous arrêtons un moment au niveau du carter d'hélice et de la mèche de safran, puis longeons la coque pour rejoindre la ligne de mouillage de remontée. Fanch nous attend à bord du Zodiac : retour à la câle, déshabillage et attente des derniers pour le 1er debriefing de la journée, devant un sandwich et un demi au café « La maison blanche ».

         Le planning prévu étant à peu près respecté, nous repartons pour le 2ème tour avec nos nouveaux ordres de mission :

               - Palanquée n°1 : Ben et Fanch => topographie photographique de la machine et de la poupe (carter d'hélice et mèche de safran)                - Palanquée n°2 : Yvan et moi, armés de brosses métalliques et de râcloirs, sommes chargés de gratter le moteur diesel dans l'espoir de découvrir la plaque de son constructeur

              - Palanquée n°3 : Alex et François => photographies des artefacts puis gestion de leur remontée à l'aide d'un parachute de 500 litres.

              - Palanquée n°4 : Loïc et Marijoe => exploration classique et récupération du matériel de fouilles.

              -  André gère la sécurité surface.

          Et c'est reparti. La visibilité s'est un peu altérée mais vu le travail à accomplir, ça ne va pas être trop gênant (pour nous en tout cas !) : au bout de quelques instants de grattage, une épaisse couche de sédiments commence à se disperser autour de la machine et dans les environs. Sympa, le fait de nettoyer la machine attire une dizaine de petits labres, venus se nourrir de ce que nous avons mis à nu. Malheureusement, au bout de 30 minutes de labeur, aucun élément d'identification n'est mis à jour.

         Pendant ce temps, Alex remonte 2 des 3 batteries repérées (la 3ème étant complètement soudée aux pans de coque de l'épave), du matériel électrique et différents prélèvements de faïences. En fin de plongée, Ben vient nous chercher pour nous montrer un élément caractéristique de l'épave devant lequel nous sommes passés une dizaine de fois sans y faire particulièrement attention : une barre à roue, bien abîmée mais parfaitement reconnaissable grâce à son moyeu central d'où partent des fragments de secteur en bois, qui trône verticalement en plein milieu de notre zone d'étude (de mémoire, je dirais la « G »). Comment est-elle arrivée là, au niveau de la machine et à quelques mètres devant son emplacement d'origine ?

         Bilan de la journée : 2 plongées sortant des sentiers battus dans une super ambiance. Il reste cependant du travail puisque seuls 10 mètres de l'épave ont fait l'objet d'une investigation complète : il en reste 4 fois plus ! Espérons que les inscriptions repérées sur une des prises électriques et que les 2 batteries nous permettrons d'avancer dans l'identification précise de l'épave des 4 pompes.

          Depuis juillet, de nombreuses autres plongées ont été organisées. Dans le cadre de la mission que nous a confié le DRASSM, nous avons topographié la moitié arriére de l'épave, répertorié les différents artéfacts présent sur le site, et remonté le mobilier pouvant comporter des inscriptions succeptible de nous orienter sur l'identité de l'épave... Les recherches sont lancées, et c'est maintenant un long travail de rédaction du compte rendu de cette fouille qui va occuper nos longues soirées d'hiver...

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