La Tanche

Voici l'original de la fiche épave qui est parue dans Plongée Le Magazine N°2. Les textes sont de Emmanuel GOURVIL (car il faut rendre à César ce qui appartient à César! Et pis c'est tout!!!)

 

Historique:

          Construit par les chantiers Delaunay-Belleville de La Pallice sur la base d’une coque de chalutier, la TANCHE est un patrouilleur-dragueur de type BARBEAU mis à l’eau en juin 1918. C’est un petit vapeur de 43,5 m de long pour une largeur 7,3 m et un creux de 3,8 m, propulsé par une machine Compound de 450 CV alimentée par une chaudière cylindrique. Il fait l’objet d’une utilisation intensive entre 1918 et 1940 : patrouilleur en Méditerranée, navire garde-pêche, bâtiment océanographique, harenguier, de nouveau patrouilleur en 1939 et enfin armé pour la pêche au maquereau en 1940…

          Juin 1940 : la progression des armées allemandes à travers la France s’accompagne de nombreux drames (évacuation de Dunkerque, bombardement du LANCASTRIA…). Les navires présents à Lorient commencent à évacuer le port dès le 15 juin. Le 19, il ne reste que 2 chalutiers à Kéroman, pris d’assaut par les réfugiés : la TANCHE et le SAINT PIERRE. Vers 15h00, peu après son appareillage à destination du Verdon, la TANCHE saute sur une mine magnétique allemande mouillée par la Luftwaffe près de la balise des Truies : le chalutier disparaît en quelques minutes avec 200 personnes malgré l’intervention rapide de petits bateaux de pêche et du courrier de Groix PEN-ER-VRO. Seuls 8 naufragés seront sauvés et ramenés à Lorient, qui tombe 2 jours plus tard.

 

 

Position:

47° 41' 345 N / 03° 23' 149 O (Eur 50)

 

 

La plongée:(Par Ben)

           L'épave est relativement abimée, mais les bordures dépassant du sable limite bien la coque et permet à la Tanche de garder une forme de bateau. La poupe est bien conservée avec sa forme arrondie caractéristique des navires de l'époque. Elle est très inclinée sur bâbord, comme le reste de l'épave. Le secteur de barre est clairement visible au niveau du pont arrière. Le safran est toujours en place, mais partiellement ensablé. Seule le haut d'une pale de l'hélice dépasse du fond. Une petite plage de sable sépare la poupe du reste de l'épave, cela est certainement dû à l'explosion de la mine. La machine est bien visible, car bien détachée du fond. Elle est intéressante car un cylindre y est éventré et l'on peut apercevoir le piston de taille très respectable. La chaudière avec son unique foyer, tout comme la machine, sont légérement inclinées sur bâbord. Sur l'avant de la chaudière, une masse compacte de plaques métalliques, empilées les unes sur les autres et totalement concrétionnées entres elles, forme une sorte de banane géante qui pointe vers le ciel. Je ne saurai pas dire de quoi il s'agit. En continuant notre progression vers l'avant, nous rencontrons trois cales béantes d'environ deux mètres de côté chacunes, et totalement remplies de sable. Enfin, nous arrivons au clou de la plongée: la proue. Trés couchée sur bâbord, elle est magnifiquement tapissée de marguerite de mer, d'anémones perles et de grosses éponges orangées. Le pont est encore équipé de restes de mât de charge soudés par la rouille et les concrétions. Les bordés bâbord sont encore en place, et deux tubes d'environ un mètre chacun sont fixés à l'extrémité de la lame d'étrave. Au niveau de cette lame d'étrave justement un gros tube d'environ vingt centimètres semble s'être détaché. J'ignore l'utilité de ce tube que l'on peut voir sur certaines photographies d'époque. On peut pénétrer dans le coqueron avant, bien qu'il soit exigüe. On peut y observer un trou d'homme qui part du pont et une échelle qui permettait à l'équipage d'y descendre. C'est une plongée facile et agréable, qu'il est préférable de faire en fin de marée montante, de façon à bénéficier de la meilleure visibilité possible. Evitez une mer houleuse qui vous balladera sans relache à cause de la faible profondeur. La faune et la flore sont trés présentes sur le site. Le fait qu'il n'y ait pas plus d'une cinquantaine de plongée réalisée sur le site chaque année a permis de conserver en excellent état la faune fixée, et notament les gorgones qui sont d'une taille impressionnante pour cette profondeur (12 mètres max).

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Photos sous-marines Benjamin PEPY

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 01/01/2014

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