Bruxelles (Ile de la Réunion)

 

LE BRUXELLES

Document réalisé par Alain Foulonneau.

 

 

Caractéristiques :

          Le Bruxelles était un gros cargo de 2484 tonneaux lancé à Glasgow en 1883 sous le nom de Kent.

          En 1894 la compagnie Columba Belge le rachète et le rebaptise Bruxelles.

 

 

Historique :

          L’île de la Réunion ne possède pas d’abris naturels. Le seul port existant à la fin du XIXéme siècle est celui de Saint Pierre. Mais il est trop petit pour accueillir des navires de fort tonnage. Les gros navires doivent prendre leur chargement en rade grâce à un va et vient de chaloupes menées à l’aviron. C’est le cas, le 3 mai 1897, du Bruxelles. Au fil de la journée l’énorme houle de l’océan indien s’est mise à enfler et à briser en monstrueux rouleaux sur la barrière de corail. Les chaloupes cessent leur travail quand l’imminence d’un cyclone devient certaine. Le capitaine décide de lever l’ancre mais son navire ne peut faire face à la furie des éléments. Bientôt il est drossé sur les récifs de corail. Le bruit du déchirement de sa coque retentit dans la ville, les curieux accourent, mais personne ne peut rien pour sauver les 43 personnes restées à bord.

          Le lendemain quelques pêcheurs locaux réussissent à atteindre le Bruxelles. Le sauvetage de 36 personnes prendra plusieurs jours.

 

 

La plongée : (par Alain Foulonneau)

          Imaginez vous en promeneur à Saint Pierre sur le boulevard Hubert Delisle près du port. Soudain les traces d’un très vieux naufrage vous sautent aux yeux. Comme un coup de foudre. Là devant vous, au milieu du lagon trône une petite chaudière à vapeur. Plus loin sur la barrière de corail vous distinguez les vestiges de l’appareil à gouverner : mèche de safran et débris du secteur de barre et de la voûte. Le premier instant de stupéfaction passé, vous courrez dans la première boutique d’articles de plage, vous achetez fébrilement un kit de randonnée aquatique et vous vous précipitez sur la plage puis dans le lagon. A peine avez-vous ajusté votre masque que c’est l’émerveillement, les poissons tropicaux vous accueillent : balistes picasso, poissons cochers, chirurgien bagnards, demoiselles, poissons trompettes, murènes, crevettes nettoyeuses… Vous ne savez où donner de la tête. Pourtant vous remarquez que certains petits récifs ne sont pas naturel. Mais oui, sous les coraux c’est de la tôle, de la ferraille, c’est l’épave du Bruxelles. Bientôt vos palmes vous mènent près de la chaudière. C’est une petite chaudière auxiliaire. Vous ne résistez pas à entrer dans le foyer unique. Pour rien, c’est vide, vous n’avez réussi qu’à chasser les poissons qui s’y cachaient. L’appareil à gouverner vous tente, mais il n’y a pas assez d’eau pour nager jusqu’à lui. Bien sûr il serait possible de l’atteindre en marchant sur le platier de corail. Mais vous vous refusez à faire un tel massacre. Vous avez raison les récifs coralliens sont fragiles comme le verre, il faut les préserver pour qu’on puisse les admirer encore longtemps.

         De retour à terre, attablé dans un snack devant une « dodo » et une assiette de samoussas, vous contemplerez une dernière fois le lagon et la chaudière. Vous vous direz qu’il doit exister derrière la barrière de corail, côté large, d’autres débris du Bruxelles. C’est vrai, il y a notamment la machine couchée sur le flanc. Mais pour l’explorer il faut un bateau. Et surtout il faut que sa majesté l’océan indien vous accorde sa clémence et cesse de déferler en hauts rouleaux sur la barrière de corail. Et cela ce n’est pas souvent. Il ne l’a pas fait pour les sept malheureuses victimes du naufrage du Bruxelles.

    

 


 Un grand merci à Alain pour cet excellent sujet. Rassurez vous il en a encore plein d'autres en route...

 

 

Dépéchez vous de commander son livre, il n'en reste plus beaucoup:

"Naufrages dans l'estuaire de la Loire." Par Alain Foulonneau et André Meignen aux Editions Coiffard

 

 

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