L'épave des Pierres de Lecq

 

Les Pierres de Lecq, au fond à gauche, vues du Grosnez Castle

Historique :

Au large de la côte nord de Jersey, devant le village de Greve de Lecq, à quelques centaines de mètres plein est de la tête de roche des Pierres de Lecq (aussi appelées "Pater Nostre") la plus éloignée de la terre, reposent par 30 mètres de fond les restes d'un petit navire armé complètement inconnu, dont l'épave n'a été découverte que l'année dernière par Jim O'Connor, organisateur de sorties plongées sur toutes les iles anglo-normandes (http://www.wreckandreefcharters.com/).

Il s'agit donc d'un petit vapeur de 30-40 mètres de long, propulsé par une petite machine triple expansion alimentée par une chaudière cylindrique unique, équipé de 2 canons, dont l'épave porte les stigmates d'un naufrage très violent : on peut raisonnablement penser qu'elle correspond à un chalutier armé allemand de la 2ème guerre mondiale, détruit lors des furieux combats ayant eu lieu dans ce secteur. 

La plongée :

Commençons par l'arrière : la poupe est très bien conservée, basculée sur tribord, présentant les courbes caractéristiques des navires du début du siècle dernier. La mèche de safran est couverte de gorgones oranges et orientée à tribord toute, de même que le gouvernail, intact. Une belle hélice quadripale (dont 3 sont visibles) est encore en place, l'étambot et la coque restant structurés sur quelques mètres. Côté pont, on identifie sans peine un canon parallèle à l'arbre d'hélice, toujours bardé de volants, sur son affût : la gueule du fût disparaît dans le sable, orientée vers la machine.

En progressant vers le centre de l'épave, les pans de coque se sont affaissés de part et d'autre de l'arbre d'hélice, dont les paliers ont eux aussi basculés sur tribord, où on retrouve des bittes d'amarrage et un beau treuil. Tout le système de propulsion est encore en place, avec une petite machine triple expansion verticale, qui ne remonte "que" de 4 mètres, raccordée à une chaudière d'environ 2,5 mètres de diamètre, peu abimée. Un condensateur cylindrique repose sur tribord, devant la chaudière, partiellement caché par des plaques de tôles et des tuyaux enchevêtrés.

La structure de l'épave devient ensuite beaucoup plus tourmentée, avec des pans de coques éclatés et des amas de débris métalliques informes : il faut rester du côté tribord de l'épave pour tomber sur la proue, maintenant perpendiculaire à l'axe général de l'épave. Elle repose elle aussi sur tribord, complètement déchiquetée mais présentant une constitution globale à peu près reconnaissable. On identifie entre autre un bloc de chaînes concrétionnées dans l'étrave, et l'affût d'un second canon au sol.

 Départ de Bouley Bay, à bord du Magic (vedette de Jim O'Connor)

Quelques remarques sur la plongée "jersiaise" : il existe un centre de plongée à Bouley Bay (http://www.scubadivingjersey.com/) surtout orienté formation-plongées du bord. Il existe cependant de nombreuses épaves (un Minensucheboote M40 : le M343, par 35 mètres de fond, un remorqueur : le Mauve...). Attention cependant au matériel car ils ne fournissent que des blocs simple sortie... et la location d'un détendeur complet est payante !!!

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