Pontoporos

Historique :

Grand vapeur grec de 115 mètres de long, 15 de large, déplaçant 4049 tx, construit en 1913 par W. Doxford & sons (Sunderland) et armé par la National Steam Navigation Co of Greece, il quitte Bombay le 05/09/1914 sous le commandement du Cpt Polemis avec une cargaison de 6600 tonnes de charbon à destination de Calcutta. Le 10, il est arraisoné par le croiseur léger allemand EMDEN, dont le commandant propose le deal suivant : partant du principe que le PONTOPOROS, navire grec donc neutre, transporte une cargaison britannique (le charbon devant être livré aux chemins de fer indiens, alors Dominion anglais), il doit soit être coulé, soit réquisitionné comme ravitailleur pour l'EMDEN. Moyennant finance, l'équipage grec accepte la 2nde proposition... Durant un mois, le PONTOPOROS va fournir son charbon au croiseur léger, jusqu'au 12/10/1914, où, au large des côtes de Sumatra, le cargo grec est surpris en train de ravitailler le MARKOMANIA (vapeur allemand, tender "officiel" de l'EMDEN) par le croiseur anglais HMS YARMOUTH. Si le MARKOMANIA est immédiatament coulé, le PONTOPOROS est quant à lui fait prise de guerre et interné de long mois à Singapour où l'équipage sera jugé.

Il est de nouveau réquisitionné, cette fois pour le compte des alliés, sous les ordres du Cpt Panas : le 17/08/1917 à 6h50, il est torpillé au large de Quiberon par l'UC21, lors d'un trajet entre Tyne Dock (South Shields) et La Spezia (port de Ligurie). Touché sur tribord sous la ligne de flottaison, il coule en 50 minutes, ce qui laisse le temps aux patrouilleurs du convoi de récupérer 29 naufragés, qui seront déposés à Port Haliguen.

Position :

47° 32.769' N  /  03° 14.489 O   (WGS84)

La plongée :

Le PONTOPOROS repose désormais par plus de 30 mètres de fond au large de Portivy, en vue du phare des Birvidaux. Dimanche 10 avril 2011 : nous nous retrouvons avec joie chez Haliotis plongée (http://haliotisplongee.com/) pour une des premières immersions de l'année. Bascule arrière, et si les premiers mètres sont plutôt clairs, une sombre "touille" jaunâtre règne à 32 mètres... Nous arrivons sur des pans de tôles aplatis avec une visi inférieure à 1 mètre, sans aucun repère identifiable. Dur, dur... Nous finissons par sortir du site sur du sable dans lequel brillent sous les faisceaux de nos phares des masses métalliques polies de toute taille : il s'agit de morceaux de pyrite de fer (étonnant, car nos recherches indiquent que le PONTOPOROS transportait du charbon lors de son naufrage). Demi-tour pour retrouver l'épave, et au bout de quelques minutes, miracle : nous tombons par hasard sur une des chaudières principales du vapeur, que nous contournons par l'arrière. Là, de grosses bielles enchevêtrées marquent l'emplacement de la machine mais nous n'avons aucune idée de sa disposition générale : il semble cependant qu'elle soit partiellement détruite.

Le villebrequin nous guide jusqu'à l'arbre d'hélice, qui, bien que rompu au moins 2 fois, repose encore sur ses paliers et nous permet de nous orienter un peu plus facilement dans cette soupe. Une belle hélice de secours repose sur la droite (une de ses pâles touche le long cylindre de l'arbre d'hélice, c'est pourquoi nous l'avons vu !). Plus loin, la poupe semble plus structurée, mais en dehors de la mèche de safran et de doubles bittes d'amarrage, la visi est telle que nous n'avons pas la moindre idée de la disposition générale de l'ensemble...

Fin de plongée, remontée et palier seul : j'ai perdu mes 2 compagnons d'infortune, emporté dans un excès d'enthousiasme quand j'ai cru trouver le gouvernail ! Je les retrouve en surface, à moins de 15 mètres de distance... Bon, ben, faudra revenir ! 

 

Deux clichés de Pascal qui résument bien la plongée :

 Visibilité au dessus de l'épave

 La visibilité sur l'épave

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