Peter Sif

Peter Sif

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Caractéristiques

Petit porte conteneurs danois de 99 mètres de long, 16 de large, déplaçant 1599 tx et d'une capacité de port en lourd de 4000 tpl, construit en 1978 aux chantiers Orskovs de Frederikshavn pour la compagnie SIF. Il est propulsé par un moteur diesel à 14 cylindres alimentant une tuyère Kort (carter mobile autour de l'hélice, destiné à améliorer les manœuvres).


Historique du naufrage

Jeudi 15 novembre 1979

C'est l'hiver et la météo de cette mi-novembre ne contredit pas le calendrier. A la pointe de Bretagne, un vent de noroît souffle à force 7 et soulève des lames de 8 mètres chargées d'écume. C'est dans ces mauvaises conditions que le Peter Sif descend le rail d'Ouessant. Dans ses conteneurs : des vêtements, des matériaux de construction, du matériel de travaux public et des palettes de bière d'une célèbre marque néerlandaise (celle à qui on doit la 1664 !).

En début d'après-midi, un conteneur brise ses amarres et vient frapper violemment la coque du navire ouvrant une brèche qui invite aussitôt l'eau de mer à pénétrer. Sans tarder, le capitaine demande assistance aux navires croisant dans les parages. Le Jean Moulin, Aviso en surveillance sur le rail ce jour là, vient à la rencontre du navire danois blessé. Décision est prise de tenter de rallier Brest. Mais l'escorte du bâtiment de la Marine Nationale n'est malheureusement d'aucun secours face à la voie d'eau. Le Peter Sif commence à donner sérieusement de la bande sur bâbord et doit se réfugier en baie de Lampaul.

Arrivé également sur zone, l'Abeille Flandre tente une opération de remorquage. Alors que la nuit est déjà tombée, une remorque est passée entre les deux navires. Malheureusement, la salle des machines noyée, le porte-conteneurs accuse une gîte critique et son équipage préfère l'évacuer sans délai. Il est recueilli par le remorqueur de haute mer. Dans la soirée, le Peter Sif termine de s'incliner sur bâbord et s'en va se poser à plus de 50 mètres de profondeur et à quelques 300 mètres de la pointe de Pen Ar Viler.

La cargaison de vêtements et de matériaux du Peter Sif sera rejetée à la côte et donnera lieu, comme il est d'usage à Ouessant, à l'organisation de bourses d'échanges. Quant aux palettes de bière, elles ne seront officiellement jamais retrouvées. Une disparition qui alimentera rumeurs et spéculations. Tout naufrage a son mystère...


La plongée (par Pascal)

Sauf à plonger au recycleur (ce qui est le cas d'une petite minorité des visiteurs...), n'espérez pas faire le tour de l'épave en une plongée. C'est d'ailleurs notre cas, malgré la belle allure à laquelle nous avons mené l'exploration, nous sommes loin d'en avoir fait le tour complet ! S'il était un porte-conteneurs de taille modeste, une fois sombré le Peter Sif est devenu une épave de très belle taille et c'est peu dire. Le navire, en très bon état, est couché sur bâbord. Se poser sur le sable au pied du bordé de fond et lever les yeux sur le "tombant d'acier" permet de se rendre compte de l'imposante masse de ferraille. Néanmoins il est inutile de traîner à 50m de profondeur, surtout du côté fond du navire qui, bien que colonisé par les éponges et spirographes est relativement  monotone. La partie la plus intéressante se trouve côté pont. Elle a de plus le mérite de faire gagner quelques mètres économisant ainsi du palier.

A la poupe, la Tuyère Kort est encore en place. Sur l'arrière du château, la cheminée affiche encore clairement le logo "KIL", c'est un symbole du navire à ne pas louper. Comme le reste de l'épave, la structure du château est quasiment intacte. Les châssis vitrés ont presque tous disparus, il est donc aisé de jeté un œil à l'intérieur... qui semble bien vide. D’ailleurs ce constat est quasi général, le Peter Sif est très faiblement colonisé. Peut-être est-ce parce qu'il est posé près des côtes où la vie abondante n'avait nulle besoin de surface supplémentaire. Ou bien 30 années d'immersion ne sont pas suffisantes pour attirer la vie.

La zone sur l'avant du château est dominée par les portiques et leurs apparaux. Grues, treuils, poulies, échelles à crinolines... le plongeur à tout le loisir de louvoyer en progressant. Si la cargaison a depuis longtemps disparu, les cales renferment encore un petit engin de chantier type Bobcat. Mais le terrain de jeu est vaste et celui-ci ne se trouve pas facilement ! De plus, pénétrer une épave ne se fait jamais sans risque. A la poupe, l'ancre tribord, parfaitement visible est encore dans son écubier.

Sur le bordé tribord, véritable piste de 100m sous-marin (que nous avons testé !), la monotonie s'impose. Hormis la lisse de bordé, il n'y a que 3 ou 4 manchons qui dépassent de la tôle. Ils ont été implantés après le naufrage afin de vider les soutes du Cargo. Les réservoirs de propulsion n'ont en effet pas pu être débarrassés de leur combustible en une seule fois et doivent être régulièrement re-pompés. Il est à d'ailleurs à noter que par mer calme une irisation est visible en surface. Attention à la combinaison à la remontée !

Tombant d'acier

Le logo sur la cheminée

Embase de grue et bastinguage

Au milieu des portiques

Manchon de récupération de combustible

Date de dernière mise à jour : 28/01/2012

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