Teiresias

 

 

 SS TEIRESIAS

Caractéristiques :

  Cargo à vapeur de la classe Lycaon appartenant à l'Ocean Steamship Co de Liverpool, construit en 1914 par Hawthorn Leslie & Co (n° de coque 467) : 140 mètres de long, 17 mètres de large pour un déplacement de 7606 tx, il est propulsé par une triple expansion de 835 n.h.p. alimentée de 2 chaudières

Historique :

 L'histoire de ce navire a été difficile à trouver car l'épave est balisé par une bouée injustement nommée "THERESIA" et car son naufrage a été complètement occulté par celui du LANCASTRIA.

Ce cargo, dont le nom est celui d'un personnage de la mythologie grecque (Tiresias en français), fût utilisé intensivement dès son lancement en 1914 pour l'acheminement des troupes et de matériel militaire britannique pendant la 1ère guerre mondiale : il fût même endommagé par une mine dans la canal de Suez le 30 juin 1915. Il ne connût pas d'autre incident jusqu'à sa disparition au large de St Nazaire le 18 juin 1940, et fût même légèrement transformé pour accueillir des passagers dans les années 30 (6 passagers en 1ère classe et 40 "émigrants" pour un équipage de 91 hommes).

Arrivé devant St Nazaire dans la matinée du 17 juin en compagnie du GLENNAFARIC (nivire de la Glen Line, ancien MACHAON de l'Ocean Steamship Co), il devait participer à l'opération Aerial (évacuation des troupes anglaises lors de la débacle).

Lors de leur entrée dans le chenal de St Nazaire, les 2 navires furent bombardés par des Junkers Ju88 de la Luftwaffe : aucun projectile ne toucha directement le TEIRESIAS mais les ondes de choc provoquées par les explosions créèrent une fissure qui s'étendit du pont principal à la ligne de flottaison, inondant ainsi la chaufferie et la salle des machines. Le cargo anglais prit alors une gîte de 25°. Le Captain JR Davies ordonna l'évacuation du navire et resta à bord avec 6 hommes pour tenter de colmater les brèches, malgré les attaques allemandes. Le LANCASTRIA disparût vers 16h00 : le GLENNAFARIC quitta le TEIRESIAS pour porter secours aux survivants du paquebot de la Cunard. A 18h00, le vapeur SS HOLMSIDE recueillit les 7 marins du TEIRESIAS. Plus tard, Davies, le 1er maître et le charpentier remontèrent à bord pour renforcer leurs réparations de fortune, mais les grondements et les craquements de la coque associés aux "pops" d'éjection des rivets les obligèrent à abandonner une nouvelle fois le navire. Le lendemain, le cargo glissa lentement au fond de l'Atlantique...

La plongée :

 Située à environ 6 miles de l4herbaudière, ce spot est balisé par une bouée bâbord du chenal de St Nazaire appelée "THERESIA". L'épave se situe au Nord Ouest de cette balise. La traversée du chenal peut être impressionnante si on croise des méthaniers, des porte-containers ou d'autres cargos de taille démesurée par rapport à une embarcation de plongée... La proximité de l'estuaire de la Loire rend la visibilité médiocre voire nulle : mieux vaut y plonger en fin d'été.

L'épave repose par une trentaine de mètres sur un fond de sable : elle est énorme bien que coupée en 3. Inutile d'espérer en faire le tour en 1 ou 2 plongées... On peut globalement diviser le TEIRESIAS en 5 parties distinctes (liées à son arasement après la guerre) : la proue encore bien conservée, une zone de tôles affaissées, la zone centrale allant des chaudières aux cales 4 et 5, une zone de membrures et de débris assez étendue, et la poupe relativement éloignée du reste.

La proue mérite à elle seule une exploration complète : penchée sur tribord, elle remonte de 7 mètres et présente encore des pièces d'accastillage (bittes d'amarrage, taquets...) ainsi que des restes de bastingage, avec de nombreuses écoutilles et autres compartiments plus ou moins visitables... Il faut suivre l'axe de l'étrave pour arriver à la zone n°2 car il y a peu de débirs à ce niveau : on arrive alors à un énorme treuil de plus de 2 mètres de large qui trône sur un amas de parois de coque. Cette pièce, correspondant au guindeau, est magnifique car intacte et recouverte de marguerites de mer. A proximité, on reconnaît de gros fragments des mâts de charge avant (notamment une embase dans laquelle il est possible de pénétrer mais dont l'intérêt reste très limité). En progressant vers l'arrière, on trouve une structure en "mille feuilles" : des grands pans de coque sont empilés les uns sur les autres et présentent malheureusement peu d'éléments identifiables (treuils, bittes...). L'axe générel de l'épave n'est pas facile à appréhender et la flore fixée est pauvre; par contre, cette zone grouille de tacauds, congres et homards. Le sol situé sur bâbord est recouvert de galets, qui pourraient correspondre au lest du cargo.

La cassure avec la partie centrale est nette, mais on identifie rapidement une petite chaudière placée presque perpendiculairement à l'axe du navire, et qui possède encore de magnifiques pièces de bronze (pas touche !!!) : l'analyse du plan du navire permet d'avancer l'hypothèse qu'il s'agit de la chaudière auxiliaire alimentant les treuils au niveau du pont principal. Immédiatement derrière, on retrouve un navire presque entier : la coque remonte d'au moins 6 mètres et toute la machinerie est intacte !!! Les 2 chaudières sont énormes, encore en place et bardées de tuyauteries, soupapes et autres volants : elles sont encore raccordées à la machine, gigantesque (au moins 7 mètres de long) et entourée de coursives encombrées de débris divers, où se cachent de nombreux bars. Le pont intact ne remonte que d'un mètre de chaque côté de la triple expansion, certainement la plus imposante de la région. Une paroi ajourée la sépare des cales arrières. Au niveau du pont, 2 ouvertures bien conservées correspondant aux supports des panneaux de cales offrent un point de vue extraordinaire sur la machine. On arrive ensuite aux cales grâce à 2 énormes trous : ces "cavernes" sous-marines sont immenses et peuvent facilement accueillir plusieurs plongeurs. Une échelle isolée verticalement dans la cale babord est couverte de corynactis.

En poursuivant l'exploration vers la poupe, la structure générale du steamer s'effondre à nouveau : cette partie est complètement détruite, constituée d'un enchevêtrement de membrures, bordées et pans de coque complètement anarchique. On peut cependant y reconnaître des bittes d'amarrage parfois ensablées ainsi qu'un treuil retourné. Un gros cylindre correspondant à un fragment de mât de charge repose au milieu de 2 "baignoires" métalliques de taille respectable. Quelques poutrelles dressées sur 2 mètres de hauteur semble indiquer l'axe de l'épave. A noter la présence d'un imposant bloc de béton sur bâbord, équipé d'une chaîne : c'est sans doute un ancien coffre de balise. Le fond sablo-vaseux est recouvert d'ophuires. Quant à la poupe, elle reposerait encore un peu plus loin, isolée. L'hélice et le safran seraient encore en place, mais cela reste à vérifier...

Voir fiche épave dans PLONGEE MAGAZINE n°21

   

 

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