Driskos

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Le SS HOUNSLOW, navire fabriqué par WIlliam Gray & Co en 1890 et de dimensions identiques au MAB

 

Historique :

          Le DRISKOS est un grand vapeur grec appartenant à l'armateur G. Hadzikyriakos. Mesurant plus de 95 mètres de long et 12,4 de large, il déplace 2833 tonnes. Construit sous le nom de MAB en 1891 par William Gray & Co pour la Pyman & Co de Newcastle, il est racheté par J. Fafalios en 1914 qui le baptise DEMETRIOS FAFALIOS et commence ainsi sa carrière sous pavillon grec, avant de devenir DRISKOS en 1915. Il est propulsé par une machine triple expansion construite par Central Marine Engine Works alimentée par 2 chaudières.

          Après plusieurs mois d'immobilisation à Bône (aujourd'hui Annaba, port du nord-est des côtes algériennes), le DRISKOS est autorisé à naviguer pour le compte des alliés avec une cargaison de minerai de fer destinée aux industries lourdes du Nord de l'Angleterre. Il navigue en convoi depuis St Jean de Luz mais le Capitaine Sillinos, craignant de talonner s'il passe entre le continent et l'Ile d'Yeu, décide de contourner celle-ci côté large avec l'intention de retrouver le convoi après cette manoeuvre. Malheureusement, il tombe sur l'UC71 de l'Oberltnt R. Saltzwedel en embuscade au large de l'Ile du Pilier. Afin d'économiser ses précieuses torpilles, l'UC71 coule le vapeur au canon, entrainant la noyade d'un des chauffeurs.

 

 

La plongée :

          L'épave repose sur son lit de minerai de fer entre 25 et 30 mètres à plus de 12 miles de l'Herbaudière. Le DRISKOS est maintenant bien éclaté par la houle, les courants, la corrosion mais aussi par le travail d'arasement réalisé par la SORIMA après la guerre.

          L'exploration commence généralement au niveau des chaudières, qui représentent le point le plus haut de l'épave. Complètement redressées à la verticale, elles présentent maintenant la gueule béante de leurs foyers remplis de sable vers la surface. Les parois cylindriques sont assez ajourées et laissent paraître leur réseau de tubes à fumée, dans lequel se cachent de nombreux congres et homards. De nombreuses pièces de bronze (vannes, entretoises, tuyaux...) gisent à proximité. En progressant vers la poupe, on survole une énorme machine triple expansion complètement basculée sur la gauche : les bielles restent bien visibles et sont impressionnantes. Au pied de la machine, sur tribord, on identifie un gros condenseur, et plus loin une petite hélice de secours, posée à plat près des restes déchiquetés de la coque. La plongée se poursuit en longeant l'arbre d'hélice, sur lequel reposent par endroit de grosses poutrelles métalliques. Une partie du carter de l'arbre est encore présent et, sur bâbord, on distingue des restes de mâts dont un morceau présente encore son chouquet (pièce servant à relier 2 parties de mâts) et une ancre simple de petite taille (certainement une ancre de miséricorde utilisée lors de l'arasement de l'épave). On arrive ensuite au « clou de la visite », à savoir la poupe du cargo : une grosse hélice à 4 pâles est encore attachée à son étambot, basculé côté bâbord. Le squelette du safran gît au sol, présentant ses gonds côté extérieur de l'épave. La mèche de safran est rompue, le secteur de barre repose dans le capharnaüm métallique du DRISKOS.

          La partie située en avant des chaudières est beaucoup plus austère : des pans de tôles disparaissent sous des amas de sable et de minerai de fer, d'où émergent de longues tiges cylindriques (restes de bossoirs ?). Deux gros treuils trônent dans ce décor un peu triste. Au niveau de l'étrave, la grosse poupée du guindeau repose à proximité de 2 ancres à pattes articulées restées dans leur écubier (sur la droite), et de 2 ancres simples tête-bêche (sur la gauche). Arrivés à la poupe, n'hésitez pas à jeter un oeil aux roches situées sur bâbord. Elle sont colonisées par des belles cliones, roses de mer et gorgones.

          L'épave est recouverte d'un beau banc de tacauds et parfois de lieus jaunes, et chaque trou est habité par un congre ou un homard, de taille souvent respectable. Il arrive également d'y croiser des poissons plus rares comme le Saint-Pierre voire même, avec beaucoup de chance, du mola !

          Cette brique a été remontée lors d'une plongée effectuée en 2007 : elle pèse 2,4 kg  et ses dimensions correspondent à celles des briques réfractaires qui tapissaient les chaudières de navire à vapeur. L'inscription "PEASE" indique qu'elle a été fabriquée à la briqueterie du même nom située à Saltburn-by-the-sea, ville située à une trentaine de kilomètres d'Hartlepool, où est situé le chantier naval William Gray & Co.

 

Photos sous-marine de Pascal Collin :

Vue saisissante de l'hélice par Pascal Collin        Lachaudiére photographiée par Pacal Collin       Une coquette sur l'épave du DriskosL'arbre dans son tunnel.jpgLa quadripale du Driskos.jpgLes chaudièresLa machine renverséeTreuilRestes de tôles et de mâtsChouquet

Date de dernière mise à jour : 23/10/2011

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