Blaamanden

Dessin réalisé d'aprés les plans de construction du Blaamanden trouvés en Norvége par Emmanuel Gourvil.

Caractéristiques:

Cargo à vapeur Norvégien de la compagnie Wilhelm Thorkillse. Lancé en octobre 1907 par Akers mek Voerksted de Christiana sous le numéro de coque 260.

Longueur: 68,30 m. Largeur: 9,80 m. Creux: 4,60 m. Jauge: 954 Tx.

Propulsé par une machine triple expansion, alimentée par deux chaudières.

BLAAMANDEN est le nom d'une chaîne de montagnes norvégienne.

 

Historique:

          Commandé par le Capitaine Lorentz Holterman, le navire était affrété par l’amirauté britannique. Il vient d’embarquer du minerai de fer à Huelva, en Espagne. En 1917, les navires ont l’habitude de voyager en convoi escorté pour se protéger des attaques des sous-marins allemands. Malheureusement, le mauvais temps disperse le convoi. A 10 heures du matin, le 13 mars 1917, le BLAAMANDEN est en vue du Pilier, mais il est seul : seuls les panaches de fumée des autres navires du convoi sont visibles, loin devant. Un sous-marin allemand l’observe depuis longtemps. « Quelle belle proie isolée », pense l'Oberleutnant zur see Reinhold Saltzwedel, commandant de l'UC21, qui attaque sur bâbord au canon. Le capitaine norvégien veut gagner l’abri du Pilier, mais son équipage, effrayé, abandonne déjà le navire. L’ennemi continue à tirer malgré les chaloupes qui sont à l’eau. Il envoie 14 obus dans la coque et coule le cargo. Heureusement aucune victime n’est à déplorer parmi l’équipage norvégien.

 

Position:

          L'épave repose à 6 miles dans l'ouest du port de l'Herbaudière, sur un fond de roche et de sable. Couchée sur tribord, l'épave est coupée en deux au niveau de la chaudière, et remonte de trois mètres au point le plus haut. Attention, si la visibilité est mauvaise, le passage de la proue à la poupe (ou l'inverse !) n'est pas forcément évident.

47° 01' 085 N / 02° 26' 847 O (WGS 84)

 

La plongée:

          L’épave du BLAAMANDEN repose sur un fond de sable et de roches par 25 mètres de fond environ, la visibilité est souvent bonne sur le site. Le navire repose sur son flanc tribord, le temps a fait s’affaisser la coque sur elle-même. La partie arrière est en meilleur état que la proue. Le safran tombé au sol est encore visible, ainsi que l’hélice dont les pâles sont sectionnées. La mèche du système de barre pointe vers la surface. Toute cette partie est entièrement recouverte d’anémones perles dont les couleurs sont ravivées par le phare du plongeur. A deux mètres sur la droite se trouve l’hélice de secours encore munie de ses quatre pâles. En longeant la coque de part et d’autre, on peut apercevoir de nombreux trous dans les bordées. L’arbre d’hélice est visible sous la coque du côté droit, là où se trouvait le pont. Il est possible de passer sous la coque par endroits, mais prudence!

          Au niveau de la cassure du navire, on peut apercevoir sur la partie gauche de l'épave les 3 têtes de piston de la machine triple expansion, complètement coincée sous les pans de coque du BLAAMANDEN. La cassure est nette mais cette zone est particulièrement riche en vestiges (nombreux tuyaux tordus de façon incroyable, restes de chaudière, homards monstrueux...). L’unique chaudière est un véritable HLM à congre : il n’est pas rare d’en trouver trois dans le même foyer.

          En passant à gauche de la chaudière et en continuant dans l'axe de l'épave, on rencontre des restes de la chaudière auxiliaire (fond circulaire présentant des fragments de faisceaux à fumée complètement enchevêtrés, qui ressemble énormément à une table de jardin !), ainsi que de gros morceaux de faïence. Puis on arrive vers des restes de coque qui mènent à la proue. Certaines tôles montrent encore l’emplacement des hublots en bronze avec leurs orifices de boulons si caractéristiques. Il est possible de pénétrer dans l’épave à certains endroits de la proue, mais les tôles déchirées aux bords tranchants méritent que l’on fasse très attention. La lame d’étrave est toujours en place, mais le poids des écubiers a emporté une grosse partie de la coque : une belle ancre à pattes articulées est toujours en place. La partie restante de la coque côté sable est recouverte de corynactis. Sur la partie gauche, quelques éléments remarquables sont facilement identifiables : 2 treuils posés l'un sur l'autre, restes du mât de charge avant (cylindre de plus de 5 mètres de long), ainsi que le guindeau, énorme et reposant à l'envers (en se désolidarisant de l'épave, le guindeau a arraché une grande partie du pont métallique). On peut finir la plongée en se promenant au milieu des nombreuses tôles qui jonchent le sol rocheux et sont le témoignage de la violence des quatorze obus tirés par le sous-marin.

          Le BLAAMANDEN est maintenant complètement colonisé par la flore et la faune atlantique, principalement des congres (catégorie "super lourd"), des homards voire des lottes.

       

L'ancre dans son écubier

Une raie torpille posée dans les débris du vapeur

Juste avant un coup d'oeil sous les toles

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