Aube

 S.S. AUBE

 

 S.S. SOMME, sister-ship de l'AUBE

Caractéristiques et historique :

Lancé en août 1916 par les chantiers SP Austin & Son de Sunderland, l'AUBE est un charbonnier à vapeur anglais de 79,2 m de long pour 11,4 m de large, 5,3 m de creux et une jauge de 1837 tx.

Les charbonniers du début du 20ème siècle possédaient une structure particulière, avec les quartiers d'équipage au centre du navire, la chaufferie et la salle des machines à sa poupe. Deux grandes cales étaient disposées de chaque côté du chateau central : elles étaient pourvues de nombreuses écoutilles destinées à faciliter la manutention de la cargaison. Les mâts ne servaient d'ailleurs qu'à manipuler ces écoutilles, le charbon étant chargé par des tapis ou des glissières directement dans les cales.

L'AUBE appartenait à la Normandy Shipping Co, née de la joint venture entre la Stephenson Clarke (armateur anglais) et la Powell Duffryn Steam Coal Co (industrie minière galloise) en 1915, qui gérait le transport de charbon entre les mines du nord est de l'Angleterre et les pôles industriels gallois et français. Le charbonnier navigue dans un convoi entre Newport et la Pallice au soir du 3 août 1917. Il est torpillé à 23h00 par l'UC71 au large de Noirmoutier (1 victime). Quelques minutes plus tard, le vapeur français AFRIQUE (à ne pas confondre avec le paquebot disparu en 1920 sur le plateau de Rochebonne) subit le même sort mais pû être remorqué et sauvé. Le CAIRNSTRATH n'eût pas cette chance et fût envoyé par le fond juste avant minuit, à quelques miles de là...

La plongée :

L'AUBE repose par environ 23 m de fond à 9 miles plein ouest de l'Herbaudière. Une plongée peut suffire à en faire le tour du fait de son état de délabrement et de sa structure particulière : c'est la seule épave de charbonnier à château central et salle de machine arrière visible dans la région. La poupe est d'ailleurs la partie la plus riche du cargo : les 2 chaudières ont quitté leur berceau et sont dressées verticalement, foyers vers le bas, presque alignées avec la machine et ne tiennent plus que par les tubes à fumée et quelques fragments de tôles.Trois foyers cylindriques sur les 6 du navire gisent sur le fond rocheux. Il est possible de trouver un petit volant entre la chaudière gauche et la machine, parmi de nombreux débris difficilement identifiables.

La machine triple expansion est en place (plus de 6 mètres de haut), légèrement inclinée sur tribord et en mauvais état : sa partie arrière n'est plus cartérisée et on voit la bielle directement raccordée au piston basse pression. On peut se demander comment l'ensemble n'a pas encore basculé sous son propre poids...

Sur bâbord, collé à la machine, reposent un grand condensateur, caractérisé par ses petits tubes très rapprochés, parmi des restes de tuyauteries, des bossoirs et une belle bouche à air. L'arbre d'hélice est très court (une dizaine de mètres) et cassé 2 à 3 mètres avant l'hélice quadripâle très ensablée : une pâle remonte verticalement (2 mètres), celle de gauche est cassée. Sur la gauche de l'arbre, une tôle percée d'un trou de hublot est posée sur d'autres débris. Derrière, on reconnaît un safran de 3 mètres de long et les restes de l'étambot, parmi des bittes d'amarrage, des treuils, un affût de canon et le secteur de barre.

Le reste de l'épave est beaucoup plus dépouillé : en passant devant les chaudières, on retrouve les fonds de cales, posés à plat sur toute la longueur du navire, percés un peu partout par la corrosion : les trous permettent de trouver les nombreux congres et homards qui s'y cachent. Le centre de l'épave est recouvert de sable, assez déstabilisant en terme d'orientation. Sur la gauche, on trouve une hélice de secours, posée bien à plat sur le bord des membrures : tout le côté bâbord du charbonnier est assez étonnamment vide en vestiges, il s'agit d'un beau banc de sable blanc. En continuant la visite des cales, désespérément planes, on découvre 3 gros treuils très rapprochés. Les restes du cargo disparaissent ensuite dans le sable : on se retrouve enfin devant une barre rocheuse incurvée. La seule trace de la proue est une belle ancre à pattes articulées bien concrétionnée isolée sur le sol.

Retour côté tribord de l'épave, toujours aussi austère : la zone en dehors des fonds de cales est ici couverte de tôles rivetées et de tuyauteries de toutes tailles. On y retrouve les restes de mâts de charge et du chateau central. En restant sur la structure principale, on découvre une belle échelle à larges marches, ainsi qu'une ancre à jas (que fait-elle là ?), et le banc de sable précédemment cité...

L'AUBE est particulièrement riche en congres, tacauds, vieilles, araignées, homards, corynactis, gorgones et marguerites de mer.

Cet article a fait l'objet d'une fiche épave dans PLONGEE MAG n°22.

 

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