HMS Daffodil

Nous avons eu la chance de faire un week end plongée avec François MATTHIEU, du GRIEME, en octobre 2006.

Historique : cf livres et site internet du GRIEME (www.grieme.org) ainsi que la fiche épave parue dans un HS Océans. Petit résumé issu du Chasse Marée n°93 : ces trainferries (TF) étaient de grands navires de 114 mètres de long pour 20 mètres de large, chargés de transporter des trains entre l'Angleterre et le continent. Au nombre de 3 (TF1 et TF2 construits par Armstrong Withworth, TF3 construit par Fairfield), ils furent commandés en janvier 1917 et affectés à la ligne Richborough-Dunkerque en juin 1918, peints de manière camouflée et armés. Ils atteignaient une vitesse max de 14 noeuds grâce à leurs hélices jumelées entraînées par 2 groupes de machine. Sur le pont, 4 voies pour train représentant une longueur totale de 330 mètres permetaient d'embarquer 54 wagons par la poupe. A l'issue du conflit, ils servirent à la liaison Harwich-Zeebrugge sous le contrôle de la London North Eastern Railway à partir de 1924. Dès 1939, ils furent de nouveau réquisitionnés et affectés à la liaison Harwich-Calais. Seul le TF1 sortit indemne de la seconde guerre mondiale. Celui qui nous interesse est le TF3, coulé par mine au large de Dieppe en 1944.

La plongée (par Manu) : le Train Ferry repose désormais à 16 miles de St Valéry en Caux par une vingtaine de mètres et le site est identifié par une bouée nommée "DAFFODILS".

Un seul qualificatif pour cette épave : ENORME !!! Le navire est coupé en 2 de façon très nette juste en avant des chaudières. La proue est relativement bien conservée, couverte de treuils et de guindeaux de tailles variables. L'étrave remonte de 4 mètres environ : à son sommet gît une belle manche à air tombé sur le pont. La chaîne de l'ancre bâbord pend de l'écubier, mais l'ancre elle-même est soit absente, soit cachée par les amas de ferrailles. La partie bâbord au niveau de la cassure correspond certainement à l'impact de la mine : la coque est arrachée mais on reconnaît parfaitement les cloisons internes du navire, et même les embrasures de portes !

La partie arrière est gigantesque : sous le pont se trouve la salle des machines et les 6 chaudières, zone vaste et bien dégagée qui permet une exploration aisée, d'autant plus que la structure est très solide grâce aux armatures en croisillon destinées à supporter le poids des trains et sans doute à l'origine de l'excellent état de conservation de l'épave. Sur le pont, on reconnaît les 4 voies ferrées, toutes bordées de petits anneaux concrétionnés mais dont la plupart sont encore mobiles. Sur bâbord, des trous sur le pont permettent de s'aventurer dans la salle des machines, au niveau des triples expansions. La coque est intacte de ce côté, avec de nombreux trous de hublot, et sur le pont existent des restes de structures en bon état, abritant des treuils et surmontées de bittes d'amarrage (point le plus haut de l'épave : 8 mètres par rapport au sable).

On arrive ensuite à la poupe, avec des treuils, des chaînes, des bittes et des taquets. Le gouvernail bâbord est encore en place. La passerelle basculante est déployée, légèrement désaxée par rapport au pont et plonge dans le sable : ce squelette métallique est très photogénique car il est recouvert de marguerites de mer et d'alcyons. La partie tribord est plus ajourée, ce qui permet d'accéder à un autre endroit de la chaufferie. Ici aussi on retrouve un capharnaüm  de treuils, de bittes d'amarrage et de chaînes de différentes tailles. Des pans de coque remontent d'un mètre au dessus du pont. Une belle ancre à pattes articulées est posée sur le pont, juste devant la cassure : quelle est son origine ?

L'épave est habitée par des tacauds, des congres (surtout dans la salle des machines) et lieux et des bars. L'orientation est relativement aisée malgré la largeur inhabituelle du pont : si la visibilité est réduite, il suffit de suivre les rails ! Pour passer sans encombre de l'arrière à la proue, il suffit de suivre l'axe de la coque bâbord : les 2 parties sont distantes de quelques mètres, l'avant étant décentré à gauche par rapport à la partie la plus importante de l'épave. A noter que cette dernière est recouverte de gravas provenant des récents travaux du nouveau port de Dieppe.

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